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Election de Thierry Beaudet, nouveau président de la Mutualité Française

23/06/2016

Thierry Beaudet, nouveau président de la Mutualité Française
Image www.mutualite.fr

Thierry Beaudet vient d'être élu président de la Mutualité Française pour cinq ans. Son élection s’est tenue lors de l‘assemblée générale de la Mutualité Française de ce 23 juin 2016.
Il succéde à Etienne Caniard dont le mandat prend fin. L’assemblée générale se réunit au moins une fois par an et chaque délégué y dispose d’une voix.

Portrait du nouveau président de la FNMF, par Sabine Dreyfus © Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)

"Thierry Beaudet, on le repère tout de suite !" Sept ans après lui avoir passé le relais à la tête de la première mutuelle française, Jean-Michel Laxalt, aujourd'hui retiré dans ses Pyrénées natales, se souvient avoir très vite distingué, à la fin des années 1990, ce jeune militant de la section du Calvados de la MGEN, né à Domfront (Orne) en 1962.

"Dans les sessions de formation des militants locaux, que nous organisions à Paris, on le remarquait par son propos intelligent, sa vivacité, mais aussi sa qualité d'écoute", qualité qui ne l'empêche pas de témoigner d'une "bonne fermeté", insiste l'ancien président de la MGEN.

Ce qui "dément totalement la caricature du Normand indécis que l'on véhicule parfois". Au contraire, poursuit-il dans un sourire, "on vante souvent le côté sportif de Thierry : il est en effet sportif… jusque dans le débat !".

Les deux hommes sont très proches, au point d'avoir été voisins de palier, à Paris, durant les quatre dernières années du mandat de président de Jean-Michel Laxalt, de 2005 à 2009. "J'avais déjà forgé ma conviction sur celui que j'espérais voir me succéder", confie celui-ci. "J'ai été élu président car mon prédécesseur avait bien préparé le terrain", aime à répondre en écho Thierry Beaudet.

Le chemin est long depuis le tableau noir de la petite école de campagne de Rouellé où, au début des années 1980, Thierry Beaudet fait ses classes d'instituteur, jusqu'à la maison MGEN surplombant l'Ouest parisien.

Engagement personnel

Au début de ce parcours, il y a cette classe de cours moyen à double-niveau, que l'unique maître de l'établissement, orchestre durant six ans. "La cuisine de mon logement de fonction donnait directement dans la classe, décrit-il. Et un petit escalier conduisait à la mairie, car beaucoup de mes prédécesseurs étaient également secrétaires de mairie."

Sa réussite à l'examen de l'école normale d'instituteur fait la fierté de sa famille de petits agriculteurs du bocage ornais. "Et moi, j'avais vraiment envie d'exercer ce métier, j'aime par-dessus tout le mot "instituteur". Si j'ai un regret, c'est celui de n'avoir jamais enseigné en cours préparatoire, cette année magique où l'enfant acquiert la lecture."

Chaque matin, il accueille les enfants venus de trois villages voisins à la descente du car scolaire, déjeune avec eux le midi, les côtoie au club de football, dont il est l'entraîneur, le mercredi, et les retrouve sur les terrains pour les matchs du samedi.

Elu municipal à Domfront, il s'occupe des affaires culturelles. La fonction se résume à la gestion d'une école de musique et la programmation d'une petite saison culturelle, mais elle le met en contact avec la direction départementale de la Jeunesse et des Sports de l'Orne.

Détaché de l'Education nationale, il y entre en 1990, comme chargé de jeunesse et d'éducation populaire, avant de rejoindre la Fédération des œuvres laïques du département. Il en est d'abord secrétaire général, puis directeur des services (1991-1998).

C'est durant ces mêmes années qu'entraîné par des militants bénévoles de la MGEN, ce fils d'une aide-soignante en maternité et d'un employé de banque entame son aventure mutualiste, jusqu'à devenir, en 1998, directeur adjoint de la section du Calvados de cette mutuelle. "A chaque étape, c'est toujours mon engagement personnel qui m'a donné l'opportunité de faire des choses, de me former et d'exercer des responsabilités", observe-t-il.

"Une vraie pudeur"

En 2003, six ans avant d'accéder à la présidence du groupe, Thierry Beaudet entre au bureau national de la MGEN. On le charge de l'observation de l'environnement des mutuelles et de la préparation de choix stratégiques pour l'organisme. On s'appuie sur son appétit et sa vision pour mener la réorganisation des centres de services, avant de lui confier la responsabilité du développement et des partenariats.

"C'est ainsi qu'il a commencé à être connu de l'extérieur", raconte son prédécesseur. Thierry Beaudet croise alors la route de Pascal Demurger, aujourd'hui directeur général de la Maif. A l'époque, l'heure est à la création d'une société de services à la personne, Séréna, en partenariat avec la Maif, la Macif, et la Caisse nationale des caisses d'épargne (CNCE).

"Nous avons un peu grandi ensemble, se remémore Pascal Demurger. Nous étions jeunes, pas vraiment en responsabilité dans nos organisations, mais l'un et l'autre pressentis pour le devenir."

Tous deux entretiennent "une relation d'ordre professionnelle, mais avec une dimension interpersonnelle très forte, nourrie de la grande confiance que nous avons l'un en l'autre", commente le président de la toute jeune Association des assureurs mutualistes (AAM).

S'ils ont fait leurs armes ensemble, leurs cursus ne sont pourtant pas identiques. "Je n'ai pas ce passé de militant, je suis un technocrate. Thierry se joue de ces différences et aime à plaisanter parfois : "Mais, moi aussi, j'ai fait l'Ena : l'Ecole normale d'Alençon ! " Sous une apparence policée, et une vraie pudeur, il est en réalité capable d'un grand amusement sur les choses, d'un recul par rapport à sa propre situation et d'une ironie gentille sur celles des autres."

Une vision de l'Europe sociale

Le jour de son élection à la présidence de la MGEN, en juillet 2009, à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), Jean-Michel Laxalt l'exhorte à "aller de l'avant" en lui offrant un makhila, bâton de marche traditionnel basque orné de la devise "Ensemble, en chemin mutuel, poursuivons le cœur ardent".

A la tête de la MGEN, Thierry Beaudet s'attache à repenser l'offre santé-prévoyance du groupement, mais aussi à le rapprocher des mutuelles de la Fonction publique. Nous sommes en 2011 : c'est la création de l'union mutualiste de groupe (UMG) Istya.

Quant à l'année 2016, elle sera celle du rapprochement avec Harmonie mutuelle, dans le but de donner corps au premier groupe mutualiste de France. Il s'investit également sur le terrain européen, où il développe des partenariats avec des groupements voisins.

"Nous partageons la même vision de cette Europe sociale que nous appelons de nos vœux et qui a du mal à émerger", explique son ami Jean-Pascal Labille, président de Solidaris Mutualité socialiste, en Belgique. Très sensible à ce qu'Albert Camus appelle la fatalité sociale, Thierry a la volonté d'apporter sa pierre à l'édifice d'une société inclusive, témoigne ce mutualiste, qui confie avoir parfois refait le monde jusque tard dans la soirée en sa compagnie, autour d'un bon verre de vin.

Lorsqu'en 2013, il est pressenti pour entrer au gouvernement fédéral belge, c'est vers Thierry Beaudet qu'il se tourne. "C'était un soir de janvier, nous étions dans son bureau. Il faisait nuit et la Tour Eiffel nous regardait. Je lui ai demandé conseil. Il m'a convaincu que c'était un devoir d'accepter cette mission, de rendre ce service à l'Etat", rapporte l'ancien ministre des Entreprises publiques, de la Coopération au développement et de la Politique des grandes villes.

Défendre un modèle d'entreprendre

"Malgré le poids des responsabilités, il est attentif aux autres. Il est très constructif et encourageant, rarement négatif", assure Pascale Vion, présidente de la délégation aux Droits des femmes et à l'Egalité du Conseil économique, social et environnemental (Cese) au titre du groupe de la Mutualité, que Thierry Beaudet préside depuis décembre 2015.

Cet esprit de construction lui sera sans nul doute nécessaire à la tête du mouvement mutualiste, à l'heure où il lui appartient de trouver de nouveaux moyens de protéger la solidarité et de promouvoir son modèle d'entreprendre. "Dans la période actuelle, confirme Jean-Michel Laxalt, le moteur, c'est bien la perpétuation de la spécificité mutualiste, en tenant tête au marché, s'il le faut, contre vents et marées politiques."

Pour faire entendre la voix de la Mutualité et défendre ses spécificités, Thierry Beaudet, qui conservera son mandat de président de la MGEN, souhaite que, fort de son ancrage territorial, le mouvement s'empare des sujets de société. "On le voit avec l'éclosion de l'économie collaborative : il y a des gens qui entreprennent, dans les territoires, au plus proche des citoyens, avec une ambition sociale ou d'intérêt général. Nous devons tisser des liens avec ces acteurs qui essayent d'inventer des solutions pour répondre à des besoins de proximité."

Parce que son champ d'intervention ne se limite pas à l'assurance santé, la Mutualité doit entrer dans le débat public, et même le susciter, en revendiquant sa position sur la bioéthique, la médecine prédictive, les données de santé, mais aussi le compte personnel d'activité ou encore le revenu universel... Un programme complet, tout sauf scolaire, pour cet ex-instituteur.

 

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