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Santé 2012 : les candidats à la présidentielle répondent à la Mutualité Française

20/04/2012

Marianne
Image FNMF

Interpellés fin mars par la Mutualité Française sur leurs engagements en matière de santé et de protection sociale, huit candidats à l’élection présidentielle ont répondu au mouvement mutualiste.

Huit candidats à l’élection présidentielle ont joué le jeu. Ils ont  en effet répondu au courrier de la Mutualité Française qui les  interpellait sur leurs "engagements" au sujet de "questions  essentielles" de santé et de protection sociale. Ce courrier leur avait  été envoyé le 20 mars dernier.

L’ensemble des candidats était  notamment invité à expliquer les solutions qu’ils envisagent pour  "favoriser l’accès à une mutuelle et mettre ainsi en œuvre le droit à  une complémentaire santé solidaire pour chacun". Qu’ont répondu les deux  principaux candidats ? Sur ce point, le socialiste François Hollande,  considère que "le renchérissement des cotisations des mutuelles est en  grande partie lié aux augmentations successives des taxes appliquées aux  mutuelles", ce qui pénalise les plus démunis.

Pour lui, il  convient de "réintroduire une distinction entre les contrats aux effets  vertueux et les autres". En clair, entre les contrats solidaires et  responsables et les autres. "C'est pour cela que je souhaite que soit  redéfini le contenu des contrats existants et que s'instaure une  taxation fortement différenciée selon leur nature", avance François  Hollande. Plus globalement, le candidat du PS souhaite ouvrir "un débat  sur la place et le rôle des organismes complémentaires, et notamment des  mutuelles qui sont aujourd’hui indispensables pour accéder aux soins".

Pour  sa part, le candidat de l’UMP rappelle que le gouvernement a œuvré en  faveur du relèvement du plafond de l’aide à l’acquisition d’une  complémentaire santé (ACS). Le seuil de plafond de ressources a été  porté, au 1er janvier 2012, à 35% au-dessus du plafond de la couverture  maladie universelle (CMU), soit jusqu’à 874 euros pour une personne  seule. Ce taux était auparavant de 26%. Pour Nicolas Sarkozy, ces  revalorisations permettent potentiellement "à 1 million de personnes de  bénéficier de l’ACS d’ici la fin de l’année 2012".

Financement de l'assurance maladie
Autre exemple de  questionnements du mouvement mutualiste : comment "assurer le retour à  l’équilibre des comptes et mettre fin au report de nos dépenses sur les  générations futures ?" Pour rétablir l’équilibre de l’assurance maladie,  Nicolas Sarkozy entend poursuivre la politique de maîtrise médicalisée  et des contrats d’amélioration des pratiques professionnelles. Il veut  également "repenser le système de financement" de la protection sociale,  via le mécanisme de la TVA sociale.

De son côté, François  Hollande propose de revenir, dès l’été prochain, "sur certaines niches  sociales" et instaurer "une contribution sur les revenus du capital et  de placement équivalente à celle portant sur les revenus du travail".  "Au-delà, j'engagerai le rapprochement de l’impôt sur le revenu et de la  contribution sociale généralisée (CSG) devant aboutir à terme à la mise  en place d’un prélèvement simplifié sur le revenu (PSR). Le financement  de la Sécurité sociale, dans ce cadre, sera sanctuarisé", précise-t-il.

Sont-ils  favorables à "donner la possibilité aux mutuelles de contractualiser  avec les professionnels de santé" afin de garantir "des soins de qualité  au meilleur prix" ? François Hollande juge "important de rétablir  l’égalité entre les assurances et les mutuelles en leur permettant, par  la voie contractuelle, de favoriser les conditions d’un meilleur accès  de tous à des soins de qualité et au meilleur coût". De son côté,  Nicolas Sarkozy demande aux mutuelles de s’engager sur "un certain  nombre de champs", "avec des actes concrets, c’est-à-dire une  participation, notamment financière, à une offre" qui ne soit pas  réservée à leurs adhérents. Il cite en exemple l’éducation thérapeutique  du patient (ETP).

Paula Ferreira

Extraits des réponses des autres candidats
Nathalie Arthaud, Lutte ouvrière : "Il faut en finir avec les dépassements d’honoraires et exiger de la  Sécurité sociale un remboursement correct des frais d’optique."

François Bayrou, Modem : "Je propose un "Bouclier santé" pour  tous ceux qui sortent des minimas sociaux et ne disposent pas de revenus  suffisants pour acquérir une assurance complémentaire pour la santé et  sont donc contraints de différer, voire de renoncer à leur accès aux  soins en raison de l’importance des restes à charge."
Jacques Cheminade : "Je propose de revenir à un niveau moyen de remboursement des soins courants de 55 % actuellement au taux originel de 80 %".

Nicolas Dupont-Aignan, Debout la République : "Je ne suis pas hostile au principe de contractualisation entre  l’assurance maladie, les mutuelles et les réseaux de soins […]", dès  lors que de nouvelles modalités d’organisation seront prises en compte,  notamment un codage des actes repensé pour l’hôpital et les soins de  ville.

Eva Joly, Europe écologie les Verts (EELV) : "Nous  supprimerons la taxe sur les contrats responsables et mettront en place  des aides d’accès à la mutuelle, notamment pour les populations les plus  vulnérables."

Philippe Poutou, Nouveau parti anticapitaliste (NPA) : "Le prétendu "déficit" de la Sécurité sociale est le résultat, non  d’une fatalité, mais de choix politiques des gouvernements successifs."

P. F.

Pour télécharger la lettre électronique d'information numéro spécial "Elections", réalisée par l'Union régionale Limousin, cliquez ici :

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